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Le 21 décembre 2018

Déclaration du commissaire Michel A. Carrier portant sur l’annonce gouvernementale relative aux services ambulanciers

Le 20 décembre 2018

Au cours des dernières semaines, j’ai rencontré plusieurs membres du gouvernement, dont le premier ministre et le ministre de la Santé, pour leur expliquer qu’il fallait que le gouvernement demande une révision de la décision de l’arbitre McEvoy dans le dossier d’Ambulance Nouveau-Brunswick.

Pourquoi demander une telle révision? En bref, parce que cette décision est incompatible avec la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. En effet, la décision de cet arbitre rejette l’accès à des services de qualité égale en français et en anglais partout dans la province, un droit pourtant inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Mardi, nous avons appris que le gouvernement maintiendra sa demande en révision. Malheureusement, du même souffle, le ministre de la Santé a annoncé qu’il demandera à Ambulance Nouveau-Brunswick de mettre en œuvre la décision de l’arbitre.

Dans le communiqué du ministère de la Santé, le ministre déclare que son annonce vise à « améliorer les services d’ambulance dans la province et de prioriser la vie et la sécurité des gens ». 

Depuis le début de la controverse entourant les exigences linguistiques pour certains postes de travailleurs paramédicaux, des gens tentent de nous faire croire qu’il faut choisir entre services ambulanciers et droits linguistiques. 

À notre connaissance, Ambulance Nouveau-Brunswick n’a jamais retiré des ambulances de la circulation en raison du fait que des ambulanciers étaient unilingues. Par ailleurs, nous savons tous que d’autres régions du pays ont des défis en matière de recrutement et de rétention de travailleurs paramédicaux. Et nous savons tous que les salaires et les conditions de travail jouent un rôle clef dans le recrutement et la rétention d’employés.

Dans la seule province officiellement bilingue du Canada, il faut assurer des services ambulanciers de qualité dans les deux langues officielles. Et c’est la Charte canadienne des droits et libertés qui le prescrit.

Il faut aussi rappeler que les barrières linguistiques posent un risque pour la santé et la sécurité des patients. Une communication claire et rapide est essentielle dans des situations d’urgence. Comme l’écrit le docteur néo-brunswickois Aurel Schofield : « L'accès linguistique est une affaire de sécurité des patients et ne doit pas être traité comme une sensibilité culturelle ni être utilisé pour semer la discorde politique. La qualité et la sécurité des services de santé sont un objectif que recherchent les deux communautés linguistiques. Ceci doit prévaloir sur toute position politique. »

Hier, au cours d’une conversation téléphonique, le premier ministre du Nouveau-Brunswick m’a clairement confirmé que son gouvernement respectera la Loi sur les langues officielles. Par conséquent, selon moi, les mesures annoncées mardi dans le communiqué du ministère de la Santé ne doivent pas être mises en œuvre, car elles compromettent le respect des droits linguistiques des Néo-Brunswickois.

Pour de plus amples renseignements :

Hugues Beaulieu

Directeur général

Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

506 444-4229